Une Belgique en faveur de non-croyance organisée. L'humanisme séculier est-il l’Église subventionnée des « sans religion » ?

Translated title of the contribution: "Belgium favouring organised unbelief. Secular humanism, the subsidised church of Nones?"

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Abstract

L’attitude envers la religion varie d'un gouvernement à l'autre. La situation en Belgique est particulière par rapport à celle d’autres pays. Le droit belge reconnaissant officiellement plusieurs religions, on peut affirmer que le pays a une attitude positive à neutre vis-à-vis de la religion. Torfs distingue six confessions et une conception philosophique non confessionnelle reconnue et financée par l’État belge. Celles-ci sont, par ordre chronologique de reconnaissance, le catholicisme, le judaïsme, l’anglicanisme, le protestantisme, l’Église orthodoxe et l’islam. La conception philosophique non confessionnelle est quant à elle appelée « laïcité ». Cette version
typiquement belge de l’humanisme séculier est la seule conception philosophique reconnue dépourvue de fondement confessionnel. Witte, Tyssens et al. prouvent que la Belgique comptait historiquement de puissantes associations de libres-penseurs. Influencées par la laïcité française, celles-ci prônaient vivement une séparation stricte de l’Église et de l’État.
À partir des années 1950, ces associations ont peu à peu cédé la place à un nouveau courant
humaniste séculier. Ce nouveau type d’incrédulité organisée a pris ses racines en Flandre, et les associations flamandes ont joué un rôle prépondérant en militant en faveur de la reconnaissance légale de leur conception philosophique. Leurs homologues wallonnes suivront plus tard, mais même aujourd’hui, la plupart d’entre elles préfèrent encore la laïcité française à l’humanisme séculier. La décision de se battre pour la reconnaissance a eu un grand mérite. Après une révision de la Constitution belge en 1993 et les lois qui en ont découlé, l’incrédulité organisée belge a créé une infrastructure sous la forme de centres pour humanistes séculiers et conseillers moraux financés par l’État (professionnels comme bénévoles). Pour certains, plaider en faveur de la reconnaissance revenait à faire de l’humanisme séculier une religion, estimant que l’« accommodationnisme » a annihilé la capacité des incrédules à prôner une séparation totale de l’Église et de l’État. Une telle séparation mettrait un terme au financement des conceptions philosophiques et serait génératrice de chômage pour beaucoup. Dans cette présentation, je montre comment l’humanisme séculier organisé a été reconnu comme une conception philosophique, pourquoi les associations humanistes séculières ont plaidé en faveur de la reconnaissance, et quelles sont les conséquences de ce choix pour les « sans religion » belges (38 %, dont 19 % sont athées, le pourcentage le plus élevé
d’Europe occidentale).
Translated title of the contribution"Belgium favouring organised unbelief. Secular humanism, the subsidised church of Nones?"
Original languageFrench
Article number7
Pages (from-to)153-182
Number of pages30
JournalLes dossiers des Annales de droit
Volume4
Issue number7
Publication statusPublished - 7 Oct 2021

Bibliographical note

Niels De Nutte, "Une Belgique en faveur de non croyance organisée. Humanisme séculier, l’Église subventionnée des « sans religion » ?" in Jérôme Grosclaude (ed), L’État et la religion dans l’espace public : approches pratiques et théoriques de la laïcité , Les Dossiers des annales de droit n° 4, 2021.

Keywords

  • humanisme
  • sans religion
  • Vrijzinnigheid
  • laïcité belge
  • nonreligion
  • financement des cultes
  • levensbeschouwing

Fingerprint

Dive into the research topics of '"Belgium favouring organised unbelief. Secular humanism, the subsidised church of Nones?"'. Together they form a unique fingerprint.

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