« Migration et hétéroglossie : La représentation de la dislocation linguistique et culturelle dans Überseezungen de Yoko Tawada »

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Samenvatting

Cette communication propose d'étudier la représentation de l'hétéroglossie et du mouvement migratoire en tant que traductions métaphoriques dans Überseezungen (2002) de l'écrivaine japonaise-allemande Yoko Tawada. Dans ce contexte, les images complexes montrant l'interaction de forces globales et locales qui interviennent dans les écrits bilingues de Tawada seront étudiées. Le sens du lieu de Tawada peut être compris comme un sentiment complexe d'appartenance qui est créé en reliant une multitude d'endroits. Comme tel, il est un espace nuancé, malléable et dynamique. La narratrice japonaise de Überseezungen s'est toujours sentie étrangère en Allemagne, parce qu'elle était considérée « une étrangère qui empiète sur la langue des habitants à partir de l'extérieur. » (p. 109) Elle souligne néanmoins sans cesse que la langue et la culture peuvent être adoptées et intériorisées : « J'ai avalé la langue allemande ; depuis elle s'est logée dans mon ventre. » (p. 103) En effet, Überseezungen va au-delà de la simple fracture entre l'Allemagne et le Japon, et en mettant l'accent sur le multilinguisme, élargit la portée géographique et linguistique des quatorze textes de Überseezungen. Le titre Überseezungen peut être compris de deux façons : comme un composé de Übersee (outre-mer) et Zungen (langues, en tant qu'organe). Il se réfère à l'intérêt de l'auteur pour les langues et les lieux étrangers. Dans l'écriture traductrice de Tawada se reflète une variété de relations possibles avec la culture allemande, ainsi que des contextes culturels, littéraires et historiques du Japon. Dans Imaginary Homelands (1992), Salman Rushdie examine la relation qui existe entre la migration et la traduction. Dans ce contexte, il explique les racines étymologiques du mot « traduction » : « Le mot 'traduction' vient étymologiquement du latin et signifie 'transporter d'un côté à un autre'. Après avoir été transporté à travers le monde, nous sommes des hommes traduits. [...] Les écrivains migrants sont capables d'écrire d'une sorte de double perspective : parce qu'eux, nous, nous sommes en même temps des initiés et des non-initiés [insiders and outsiders] de cette société. » (1992 : 17-19) Cet extrait de Rushdie illustre un lien apparemment direct entre la mobilité et la traduction, dans lequel la traduction est considérée comme une suite de pratiques linguistiques et une situation existentielle face à la dislocation. Dans le cas de Yoko Tawada, de par le fait qu'elle écrit en allemand, un nouveau monde d'associations apparaît, créant un effet de dislocation et un point de référence alternatif. L'effet en est ambivalent : il nourrit un sentiment d'exotisme, d'une part, tandis que, d'autre part, l'importance de la langue en tant qu'instrument pour comprendre l'autre façon exotique de vivre et de penser devient claire. Les protagonistes japonais dans les écrits de Tawada recueillent leurs expériences d'hétéroglossie, les rassemblent en une mosaïque, et les dotent de valeur en établissant des liens, au-delà du temps et de l'espace.
Originele taal-2French
TitelUniversité d’Aix-Marseille (18-20 juni 2014) : « Littératures migrantes et traduction »
StatusPublished - jun 2014
EvenementUnknown -
Duur: 1 jun 2014 → …

Conference

ConferenceUnknown
Periode1/06/14 → …

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